
Hier soir, avec d’autres nymphoconnes (surnom qu’on nous donne à l’IUT, rapport à “Infocom”), nous étions invitées à dîner chez l’une d’entre nous pour une petite pendaison de crémaillère avant l’heure.
Mon amie et son chéri ayant établi leur petit nid d’amour à St Cyr, soit tout à côté de chez moi, je me suis dit que le GPS était superflu, et que j’allais me débrouiller toute seule, comme une grande.
Par précaution tout de même, et parce que je finis par me connaître, je fais un tour sur Google Maps. Je décortique le plan et imprime l’itinéraire : pour aller jusqu’à St Cyr, pas de problème, et une fois là bas, je n’aurais qu’à m’y reporter.
Je pars bien à l’heure. Avec un peu de marge, même.
Très rapidement, une petite voix me dit que j’ai bien fait. J’ai un mauvais préssentiment. C’est sûr, je vais me paumer. Si seulement c’était la voix rassurante de la bonne femme du GPS que j’entendais !…
ET MERDE !
La salade. J’ai oublié la salade.
Je ne devais amener qu’une seule chose à ce dîner à part ma tête de noeud, c’était de la salade, et évidemment, j’ai oublié.
Demi-tour. Evidemment, je m’embarque sur une voix en travaux, avec déviation et tout le tintouin. Je finis par retrouver le chemin de chez moi, saute de la voiture, chope le saladier et redémarre au quart de tour.
J’arrive à St Cyr. A un moment ou à un autre, il va falloir que je tourne à gauche.
Zut, c’était là. Ca doit être rattrapable. Sauf que non, me voilà partie sur une route interminable au milieu des champs, avec impossibilité de faire demi tour.
Me voilà à Versailles. Il va bien y avoir un rond point quelque part, une intersection, n’importe quoi qui me permettrai de retourner en arrière ?!
Dès que je peux, je rebrousse chemin.
Je me retape la looonngue ligne droite, derrière un bus en plus. Retour à St Cyr. Si je pouvais y rester, ce serait déjà un miracle. Je finis par me garer et appelle, déspérée, mes hôtes qui doivent commencer à s’impatienter.
Ouf, les autres ne sont pas encore arrivées. Je tournicote encore un peu, me regare, rapelle… Pour arriver devant un gros bloc de HLM dont j’avais fait trois fois le tour, sans soupçonner une seconde que ça pouvait être là : c’est certain, l’instinct féminin est hors service à la seconde où nous posons les mains sur un volant.
Si je me permets de faire une généralité, c’est qu’une fois arrivée à bon port j’ai pu observer de la fenêtre du salon le manège de mes trois autres comparses aussi douées que moi: couloir de bus, demi tour sauvage, escalade de terre plein central…
Moi qui croyait arriver à ce dîner lamentable et honteuse, j’ai été plutôt rassurée de voir que finalement, je suis limite douée.
Mais dans le doute, à partir de maintenant, je ne me fierais plus qu’à la voix de la raison, celle qui saura me dire avec douceur et compassion : “Au rond point, prenez la deuxième sortie”…