La Frange


Dans la famille “Les gens que je connais sans les connaître et qui décèdent autour de moi”, je demande le grand-père
novembre 30, 2007, 18:38
Classé dans : Tant que j'y pense

Mon immeuble, tout à l’heure. Devant, un camion de pompiers et une voiture de police. La porte d’entrée est ouverte. Je monte. Au deuxième (ou était-ce le troisième ?), un homme que j’avais croisé en sortant, une heure auparavant. Et les flics.

J’attends, à l’étage au-dessus, d’en savoir plus. J’écoute, comme une vieille commère, c’est plus fort que moi. Le même pré sentiment qu’en arrivant en cours lundi matin : quelqu’un est mort, et je sais qui.

Il y a quelques semaines. Je pénétrais le hall, et en allumant la lumière, sursautais d’effroi : étalé en bas des escaliers, un vieil homme. Il avait glissé, ne pouvait plus se relever, la lumière s’était éteinte. Il attendait. Que quelqu’un l’aide à se relever.

Date de naissance ?” demande un officier à l’ami du vieil homme, que j’avais croisé en sortant, et qui avait probablement découvert le cadavre. Je saisis “1923“. Sans aucun doute, c’était lui. “Un habitant m’a dit l’avoir vu la semaine dernière“. Autre bribe, d’un agent à sa collègue : “le corps est en décomposition ?

Je monte les marches silencieusement, et me demande à quoi l’odeur pesante qui flotte dans l’air me fait penser. Je me dis qu’il y a un cadavre, à quelques mètres en dessous de moi. Je sais. Les petites boîtes jaunes pleines de crevettes desséchées. Cette odeur… c’est celle de la nourriture que je donnais à mes tortues.

Tout cela est sans commune mesure avec ce qui s’est passé lundi, bien sûr. Je n’oserai pas comparer la mort d’un vieillard chez lui et le meurtre d’une étudiante dans le RER. C’est juste que ne suis même pas remise de cette tragédie que le glauque frappe encore, à quelques étages en dessous de chez moi… Rude semaine…



2 pour le prix d’1

On me signale à l’oreillette le lancement de 2 nouveaux blogs résolument dans l’air du temps :

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- Infrason, le blog des étudiants du CELSA : destiné aux Celsien(ne)s mais également à tout ceux et celles qui s’intéressent à la communication, cet espace se présente comme “un moment de pause au milieu du bruit médiatique et du déferlement de messages“. On y retrouvera bien sûr des analyses, des commentaires et des conseils sur les phénomènes de communications d’aujourd’hui, mais aussi des coups de coeur sur l’actualité culturelle du moment.

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- The Trendy Girl, la version girly de Trendsnow :fashion, beauty, home & lifestyle for trendy girls“. La baseline est claire : ce blog est l’alter ego rose bonbon du vert acidulé “Trendsnow“, soit une déclinaison de trouvailles design, d’univers graphiques et de gadgets branchés à l’adresse des geekettes et autres fashionistas.



Fait divers
novembre 26, 2007, 17:50
Classé dans : Ce que j'en pense ?, Tant que j'y pense

Le matin, j’écoute France Info. Je tiens cette habitude de quand j’habitais encore chez mes parents; ma mère buvait toujours son café avec le transistor comme fond sonore. Chez moi, pas de radio, c’est grâce au net que je me tiens au courant de l’actualité.

Ce matin, en prenant mon petit déj, j’entends diverses choses. Deux jeunes tués par une voiture de flic. Bientôt les élections en Russie. La prochaine Coupe du Monde de football aura lieu en Afrique du Sud. Une étudiante est morte poignardée dans le RER D.

Cette dernière annonce me glace le sang. Etudiante, la vingtaine, RER D. Ca pourrait être une de mes amies, ou moi, qui ai pris cette ligne hier. Mais c’est une inconnue, qui s’est juste trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment.

J’arrive en cours. Devant l’école, des caméras et des journalistes. Je suis en retard. J’ai à peine le temps de croiser Félix qui me confirme un horrible pré sentiment : cette inconnue, elle ne l’était pas tant que ça, elle était étudiante au CELSA.

Ca ne rend pas cet évènement plus affreux, plus ignoble ou plus triste pour moi. Seulement plus tragiquement réel, plus désespérément banal. Plus proche de mon quotidien, franchissant la barrière mentale du “ça n’arrive qu’aux autres”.

Une étudiante en journalisme finit dans la rubrique “faits divers”, et un violeur va encore prendre du sursis, mais tout va bien dans le meilleur des mondes. J’ai comme une envie de hurler, de pleurer, de vomir.

Toutes mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches d’Anne-Lorraine, à qui je souhaite de trouver la force et le courage nécessaires.