Classé dans : Tant que j'y pense
Mon immeuble, tout à l’heure. Devant, un camion de pompiers et une voiture de police. La porte d’entrée est ouverte. Je monte. Au deuxième (ou était-ce le troisième ?), un homme que j’avais croisé en sortant, une heure auparavant. Et les flics.
J’attends, à l’étage au-dessus, d’en savoir plus. J’écoute, comme une vieille commère, c’est plus fort que moi. Le même pré sentiment qu’en arrivant en cours lundi matin : quelqu’un est mort, et je sais qui.
Il y a quelques semaines. Je pénétrais le hall, et en allumant la lumière, sursautais d’effroi : étalé en bas des escaliers, un vieil homme. Il avait glissé, ne pouvait plus se relever, la lumière s’était éteinte. Il attendait. Que quelqu’un l’aide à se relever.
“Date de naissance ?” demande un officier à l’ami du vieil homme, que j’avais croisé en sortant, et qui avait probablement découvert le cadavre. Je saisis “1923“. Sans aucun doute, c’était lui. “Un habitant m’a dit l’avoir vu la semaine dernière“. Autre bribe, d’un agent à sa collègue : “le corps est en décomposition ?“
Je monte les marches silencieusement, et me demande à quoi l’odeur pesante qui flotte dans l’air me fait penser. Je me dis qu’il y a un cadavre, à quelques mètres en dessous de moi. Je sais. Les petites boîtes jaunes pleines de crevettes desséchées. Cette odeur… c’est celle de la nourriture que je donnais à mes tortues.
Tout cela est sans commune mesure avec ce qui s’est passé lundi, bien sûr. Je n’oserai pas comparer la mort d’un vieillard chez lui et le meurtre d’une étudiante dans le RER. C’est juste que ne suis même pas remise de cette tragédie que le glauque frappe encore, à quelques étages en dessous de chez moi… Rude semaine…






